Aujourd’hui, on parle d’un sujet chaud bouillant : WoW Ascension et son projet Conquest of Azeroth, un serveur privé de World of Warcraft qui fait trembler Azeroth… et peut-être un peu Blizzard aussi.
C’est quoi un serveur privé ?
Petit rappel pour ceux qui découvrent : un serveur privé, c’est un serveur « pirate » de WoW, souvent gratuit, financé par une boutique qui vend soit des avantages, soit des skins. À l’origine, ça permettait surtout de jouer à WoW sans payer l’abonnement. Mais aujourd’hui, les serveurs privés ont pris une toute autre tournure : certains proposent carrément du contenu inédit que Blizzard n’a jamais osé faire.
Le contexte est tendu : Turtle WoW, un serveur privé très populaire, s’est fait fermer par Blizzard il y a peu après huit ans d’existence. Et maintenant, c’est WoW Ascension qui frappe un énorme coup avec son projet Conquest of Azeroth, lancé à quelques mois de la BlizzCon de septembre, où tout le monde attend l’annonce du fameux WoW Classic+ par Blizzard.
Conquest of Azeroth, c’est quoi ?
Pour faire simple : c’est WoW Classic, le vieux World of Warcraft dans son jus, avec les graphismes de sa sortie il y a plus de 20 ans… mais avec un millier d’améliorations par-dessus.

Côté quality of life, quelques exemples piochés sur leur site : un transmog total (n’importe quelle pièce d’équipement peut prendre l’apparence de n’importe quelle autre, vous voulez du tissu qui ressemble à de la plaque ? allez-y( mais de de transmog fifou licorne; ca reste dans l’univers), un système Hybrid Risk qui permet de choisir son mode PvE, PvP ou High Risk sur un seul et même royaume sans diviser la communauté, et des raids flexibles de 10 à 25 joueurs avec plusieurs niveaux de difficulté, du tranquille au Mythique.
Ajoutez à ça des reworks de zones, un mode héroïque, des niveaux de prestige (on repart niveau 1 avec des récompenses permanentes), de nouvelles zones, de nouvelles quêtes, de nouveaux personnages, et une immersion plus RPG des mobs avec des forces et faiblesses à exploiter stratégiquement.
21 classes, et c’est la fête
Mais SURTOUT, la vraie folie : 21 nouvelles classes, entièrement custom, avec chacune 3 à 4 arbres de talents dans un système inspiré des arbres à la retail.

Et là, c’est la découverte, c’est le fun. Le Bricoleur (Tinker) qui pose des tourelles et se bat avec des robots. Le Pyromancien et ses déluges de flammes. Le Chronomancien qui maîtrise les ralentissements et manipule le temps. Le Nécromancien et son armée de squelettes. Le Cultiste qui doit gérer sa jauge de folie pour ne pas s’autodétruire en canalisant les Dieux Très Anciens… Et tellement d’autres.
Rien que les 21 classes, c’est déjà fun en soi. On a hâte de XP juste pour essayer des combos de tel ou tel sort. C’est infini.
Bref, vous avez compris : j’ai testé WoW Ascension, et c’est super. La question, c’est : pour combien de temps ?
Blizzard sort les avocats

Blizzard attaque en justice l’équipe d’Ascension, en qualifiant le projet d’infraction massive à sa propriété intellectuelle. Et honnêtement, c’est compréhensible : c’est leur univers, leurs assets, leur travail.
Mais pour moi, Ascension met en lumière deux énormes problèmes pour Blizzard.
Premier problème : si une petite équipe indépendante arrive à faire ça, sans les moyens d’un géant du jeu vidéo… que fait Blizzard depuis 20 ans avec ses millions ? Les joueurs réclament ce genre de contenu depuis des années.
Deuxième problème : le futur Classic+. Parce que si Blizzard arrive à faire fermer Ascension, il y a un hic : ce que les gens attendent du futur WoW Classic+, c’est exactement ÇA. C’est ce qu’Ascension propose aujourd’hui. Et quand on écoute les rumeurs autour du projet de Blizzard, ça a l’air beaucoup, beaucoup plus timide… Donc même en fermant Ascension, dans la tête des joueurs, il y aura eu Ascension. Et en plus de les avoir privés de s’amuser dessus, Blizzard risque de proposer un truc en dessous. Double peine.
La « féodalité » des streamers
Il y a un autre problème que ce serveur privé a mis en évidence, et il est fascinant : la féodalité des streamers et youtubeurs vis-à-vis de Blizzard.
Au début, les influenceurs en parlaient à demi-mot. Dans leurs chats et leurs commentaires, ça parlait à 50 % de WoW Ascension, mais eux n’osaient pas aborder le sujet, par peur de se faire bannir ou blacklister par Blizzard. Ils y jouaient en douce, hors live, sous la couette le soir, et se rendaient compte que… c’était fun.
Puis certains ont commencé à le streamer, la peur au ventre : perdre les extensions gratuites, les accès presse, les invitations aux événements… tout ce petit écosystème de privilèges qui tient les créateurs de contenu en laisse.
Et pour finir, le streamer Jokerd a fait un Alt+F4 en plein direct en lâchant, en gros : « j’arrête de jouer à WoW quand une meilleure version de WoW existe à côté ». Avant de filer sur FF14, il n’est pas fou non plus.
Quand les créateurs de contenu ont peur de parler d’un jeu parce que l’éditeur d’un autre jeu tient leur gagne-pain, on a un vrai problème d’indépendance dans le milieu.
Marqués au fer rouge
Donc voilà : même si Ascension finit par fermer, ça aura marqué les joueurs au fer rouge. La preuve est faite qu’il y a moyen de faire quelque chose de fun avec le vieux WoW, et que si Blizzard le voulait vraiment, ils pourraient faire tellement mieux.
La sortie de WoW Classic+, si elle est confirmée à la BlizzCon, va faire grincer des dents si le résultat est tiède. Parce que maintenant, les gens auront eu Ascension comme point de comparaison. La balle est dans le camp de Blizzard.
Vous avez testé Ascension ? Vous pensez que Blizzard va relever le gant avec Classic+ ? Dites-moi tout en commentaire !
