Depuis quelques mois, impossible de passer à côté : le hashtag #SaveStargate s’affiche partout sur les réseaux, des pétitions tournent en boucle, et des sites entiers (savestargate.com, bringbackstargate.com) se sont montés pour coordonner la mobilisation.
Et vous savez que votre serviteur Wally est un grand fan de la franchise. Mais un fan lucide : je dois avouer les avoir toutes revues récemment, et certains épisodes sont vraiment durs à regarder en 2026. C’est très old school, le rythme a pris un coup de vieux, et les effets spéciaux de la fin des années 90 ne pardonnent pas. On y reviendra, parce que ce détail compte dans toute cette histoire.
Petit historique : de 1994 à Amazon
Pour ceux qui débarquent, Stargate commence en 1994 avec le film de Roland Emmerich, porté par Kurt Russell et James Spader. Succès suffisant pour lancer une série en 1997, Stargate SG-1, qui tiendra dix saisons avec Richard Dean Anderson, Michael Shanks, Amanda Tapping et Christopher Judge. Suivront Stargate Atlantis (2004-2009) puis Stargate Universe (2009-2011). Au total : 17 saisons et plus de 350 épisodes, plus des téléfilms, des romans et des comics. Un monument de la SF télévisée.
Puis plus rien pendant quinze ans. Emmerich tente bien un reboot cinéma en 2016, qui ne verra jamais le jour.
Le vrai tournant arrive en 2022 : Amazon rachète MGM pour 8,5 milliards de dollars. Et Stargate figure parmi les toutes premières licences identifiées par Amazon pour une adaptation. L’espoir renaît.

Novembre 2025 : la Porte se rouvre
En novembre 2025, Variety annonce la bonne nouvelle : Amazon MGM Studios donne son feu vert à une nouvelle série Stargate, confiée à Martin Gero. Et là, les fans applaudissent, parce que Gero n’est pas un inconnu parachuté : c’est un vétéran de la franchise, scénariste sur SG-1 et Atlantis, par ailleurs créateur de Blindspot. Il a le soutien de Brad Wright et Joseph Mallozzi, les piliers historiques.
Gero développe le projet pendant deux ans. Vingt semaines de writers room. La pré-production démarre au Royaume-Uni. La série est prévue pour une diffusion mondiale simultanée. Tout roule.
Juin 2026 : la douche froide
Le 2 juin 2026, Variety lâche l’info : Amazon annule tout. Avant même le début du tournage. Le lendemain, Joseph Mallozzi confirme sur son blog, le cœur brisé, en précisant que Gero avait conçu une série offrant une porte d’entrée aux nouveaux spectateurs tout en respectant profondément le canon existant.
Et la raison invoquée en interne ? Accrochez-vous : la direction d’Amazon MGM craignait que la vision trop fidèle de Gero ne parle qu’à une niche de fans déjà acquis. Un nouveau cadre arrivé en cours de route aurait estimé que la série ne toucherait pas assez large.
Donc en résumé : Amazon rachète une licence culte 8,5 milliards, engage un vétéran de cette licence, le laisse travailler deux ans… puis annule parce que le résultat ressemble trop à la licence en question. On se pince.

La mobilisation : les fans ne lâchent rien
C’est là que la communauté Stargate a montré de quoi elle était capable, et honnêtement, c’est impressionnant.
Les pétitions. La principale, « Save Stargate with Martin Gero », a dépassé les 100 000 signatures en juin, et l’ensemble des pétitions cumulées frôle désormais les 150 000. Certains décomptes parlent de plus de 124 000 signatures vérifiées sur la seule pétition principale.
L’avion. Oui, vous avez bien lu : des fans se sont cotisés pour affréter un avion publicitaire afin de survoler le siège d’Amazon MGM Studios avec une banderole. Quand on vous dit que ce fandom ne fait pas les choses à moitié.

Les acteurs. Plusieurs vétérans de la franchise sont montés au créneau, dont Robert Patrick, Joe Flanigan et Michael Shanks, qui n’a pas mâché ses mots envers Amazon.
Face à tout ça, Amazon a opposé… un silence total. Pendant quatre mois.
Rebondissement : la Porte se rouvre (encore)
Sauf qu’il y a deux jours, nouveau coup de théâtre. Variety révèle en exclusivité, confirmé dans la foulée par Deadline, qu’une nouvelle série Stargate est bel et bien en développement chez Amazon MGM. Mais pas avec Martin Gero.
C’est Jac Schaeffer qui s’y colle, dans le cadre d’un contrat global signé avec Amazon MGM cette année après son départ de Marvel. Son CV : créatrice de WandaVision pour Disney+, puis showrunneuse d’Agatha All Along. Joby Harold (Obi-Wan Kenobi) et Tory Tunnell (Monarch: Legacy of Monsters) produisent, et une writers room ouvre à New York.
Sur le papier, Schaeffer a de vraies références dans le genre : WandaVision reste l’une des rares séries Marvel de l’ère Disney+ à avoir vraiment marqué les esprits, avec un vrai parti pris narratif. On ne parle pas d’un choix au hasard.
Mais la réaction du fandom est… glaciale. Certains parlent déjà de projet mort-né. Sur les forums spécialisés, le sentiment dominant tourne autour de deux idées : d’abord qu’Amazon a été méprisant avec Gero et la communauté, ensuite qu’on risque d’obtenir une histoire générique simplement transposée dans l’univers Stargate. Un commentaire croisé sur GateWorld résume l’ambiance : « je souhaite bonne chance à la nouvelle équipe, mais Amazon a été au-delà de l’irrespect, donc je ne regarderai pas ».
Et rien n’a encore été dit sur le canon : est-ce que le film de 1994, SG-1, Atlantis et Universe resteront la continuité officielle ? Mystère complet.
Mon avis de fan lucide
Je vais être honnête, parce que c’est là que mon aveu du début prend tout son sens.
Amazon n’a pas complètement tort sur le diagnostic. J’ai revu la franchise, et une série qui reproduirait à l’identique les codes de SG-1 en 2026 aurait de vrais soucis. Le rythme, l’écriture épisodique, la structure porte – monstre – happy ending : tout ça a vieilli. Il faut moderniser, c’est une évidence, et refuser de le voir par pure nostalgie serait aussi aveugle qu’Amazon.
Mais c’est la méthode qui ne passe pas. On ne laisse pas un créateur bosser deux ans, on ne monte pas une writers room pendant vingt semaines, on ne lance pas une pré-production pour tout balancer à la poubelle sur un changement d’avis managérial. Surtout pour expliquer ensuite que le problème, c’est que le résultat plaisait trop aux fans de la licence qu’on a payée 8,5 milliards. C’est du gâchis humain et financier, et c’est profondément irrespectueux.
Et stratégiquement, c’est idiot. Ces 150 000 signatures, cet avion, ces acteurs qui montent au créneau : voilà exactement la « demande visible » qu’Amazon réclamait. Elle existait déjà, elle s’est juste exprimée en colère plutôt qu’en abonnements.
Alors maintenant, je vais faire ce que je conseille rarement : donner sa chance à Schaeffer. Pas par naïveté, mais parce que le boycott par principe d’une série pas encore écrite donnera exactement le résultat que personne ne veut : des audiences faibles, et un studio qui conclut définitivement que Stargate n’intéresse plus personne. Si cette série est bonne, tant mieux pour la franchise. Si elle est mauvaise, on le dira.
Comment soutenir le mouvement
Pour ceux qui veulent se joindre au mouvement, le site savestargate.com centralise tout : la pétition principale sur Change.org, et un guide pour écrire à Amazon MGM Studios. Le message de la campagne insiste d’ailleurs sur un point que je trouve sain : rester respectueux. Soyez précis, brefs et polis. C’est comme ça qu’on se fait entendre, pas en noyant des gens sous les insultes.
À noter que ces campagnes sont entièrement indépendantes et n’ont aucun lien avec Amazon, MGM ou Prime Video.
Et vous, vous êtes team « on donne sa chance à Schaeffer » ou team « Amazon a grillé sa cartouche » ? Et surtout : vous les avez revues récemment, ces vieilles saisons ? Dites-moi ça en commentaire !

